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dimanche 31 mai 2020

Auto(im)mobile

Vieilles autos.png, mar. 2021

 

Comment trouvez-vous le secteur de l'automobile ? Pour ma part, je le caractérise par un immobilisme de plus en plus inaproprié à l'époque. J'ai l'impression que c'est un secteur qui a du mal à se ré-inventer alors qu'il va bien devoir le faire.

Je fais partie de ces personnes qui ont connu différents rapports à l'auto. Gamin, j'avais mon lot de petites Majorettes en métal (petites voitures pour jouer très vendues en France) et j'adorais les course-poursuites. Je regardais avec mon père les courses de formule 1 avec passion. Je devenais incolable sur les écuries et les pilotes. Puis, en grandissant, je me documentais pour me préparer au jour où j'aurai ma première voiture en main. Il y eu l'épreuve du permis - aussi important à 18 ans que d'avoir le Bac. surtout pour un jeune vivant en campagne. Vint les premières années d'université et de travail l'été et vint effectivement ma première voiture, d'occasion (13 ans d'âge déjà).

Je l'ai gardé et bichôné pendant + de 10 ans et j'ai pu l'utiliser durant toute la décade suivante. J'ai été en vacances avec, au boulot avec, J'ai déménagé avec, j'ai bourlingué avec, je suis tombé en panne avec, j'ai emmené plein de monde et plein de choses avec, j'ai traversé la France avec.

Que de souvenirs avec.

Mon regard sur l'automobile était alors le même que la plupart de mes contemporains. Une auto, c'était une machine roulante qui s'avérait utile et même indispensable pour le moindre de mes déplacements et qu'il était normal de posséder.

Une vaillante Peugeot 205 que j'ai un jour donné à un jeune cousin, féru de mécanique (cela deviendra son métier) pour que cela l'aide, à son tour, à  " démarrer"  dans la vie. Elle a encore changée de main quelques années plus tard et je l'ai perdu de vue (la voiture, pas le cousin). Peut-être roule t-elle encore à l'heure qu'il est.

Puis est venu le moment où j'ai posé mes pieds et deux valises à Montréal. Depuis ce moment, aucune voiture personnelle n'est revenue dans ma vie. Il y avait deux raisons à cela : ma présence dans un milieu urbain (2ème plus grande ville francophone au Monde) très bien pourvu en transports en commun et mon virage écologique. C'est à partir de ce moment où s'est opérée une vraie transformation quant à mon rapport à l'automobile.

Elle n'était plus du tout indispensable. De la période avec je suis passé à la période sans.

Sans contraintes, sans nécessité, sans manque d'alternatives, sans difficultés et sans regrets.

Fait notable, je pense avoir connu toutes les combinaisons de situations : résidant à la campagne et devant aller en ville à 10 jkm de distance, résidant en ville et devant aller travailler en banlieu, résidant en ville et travaillant en ville. Je suis aussi passé - autre fait notable - de résidant en ville avec un gros trafic automobile autour (où dans celui où j'étais pogné, en bus ou dans une voiture en auto-partage) à résidant en ville et entouré d'un trafic de vélos, de passants, de bus, de tramways et, de façon anecdotique, du passage de quelques véhicules (surtout des taxis et des livreurs). D'une grande métropole nord-américaire francophone à une autre grande métropole francophone régionale méditerranéenne celle-là doté d'un aménagement urbain très différent.

J'ai clairement l'impression d'avoir vécu une évolution.

J'ai aussi clairement l'impression que le secteur automobile dans son ensemble ne l'a pas comprise et s'accroche encore à son vieux modèle social et économique.

Je me serai attendu à ce que nos constructeurs se ré-inventent profondément et de façon proactive. Qu'ils repensent l'offre de produits et services pour une mobilité réellement transformée. Qu'une cure de maigrissement soit opérée sur les véhicules (l'inverse des SUV), que la recherche de sobriété (vitesse, consommation) soient devenue une évidence. Que les véhicules soient conçus pour un maximum de réparabilité, de limitation des effets négatifs sur l'environnement dans  l'étape de production, de longévité. Je m'attendais à voir l'offre de services d'auto-partage s'imposer en milieu urbain. Que des projets pilotes fleurissent pour des motorisations alternatives. Que des alliances soient passées avec différents autres secteurs pour créer des cocktails de services accessibles.

J'ai plutôt l'impression que ce secteur est encore très immobile et très conservateur dans ses approches. Il n'y a qu'à voir les pubicités affichées dans nos médias. Ce qui, à mon humble avis, se concluera pour les entreprises de ce secteur par une mise à la casse d'une bonne partie de leur rmodèle d'affaire, dépassées par les mutations sociales et environnentales et supplantées par les nouveaux joueurs de l'industrie (géants du numérique, constructeurs alternatifs).

Je n'ai rien contre l'automobile en soi. J'aime voir les nouveautés, les nouveaux concepts et les véhicules en tout genre. La dernière "astromobile" sur Mars est passionnante. Lautomobile aura toujours sa place (si nos réserves énergétiques le permettent) dans certains usages (je pense aux zones rurales).

Elle ne peut pas demeurrer... immobile !

 


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