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samedi 20 juillet 2013

Souffle qui peut

Mon préféré, c’est celui, puissant, en bas de l’escalier mécanique du métro Mont-Royal. Un vent rafraichissant qui vous prend à la sortie du tourniquet et vous décoiffe (sauf les chauves). Un souffle d’extase l’été dans un métro étuve. Un souffle à frisson l’hiver dans un métro douillet. Fait toujours chaud dans le métro. Le vent frais, tu le recherches aussi sur le vélo en allant au boulot, à 7h le matin. C'est une histoire de dosage au pédalage. Pas trop vite pour ne pas suer immédiatement, assez pour avoir la brise vélocipédique. Montréal et sa chaleur estivale accablante. Tu transpires au bout de 5 min de marche en pleine journée, en flânant d’un îlot de chaleur à l’autre, un îlot de chaleur à l’heure. Sur la ligne verte, dans le métro, les meilleurs places ne sont plus assises mais dans le souffle des ventilateurs de plafond. Tu te places comme il faut là dessous et tu espérer survivre au trajet. Tu peux toujours essayer de te souvenir du froid cassant de l’hiver pour te refroidir par effet placébo. Y en a pour qui ça marche paraît-il. Moi, non. Je suis donc à la recherche du moindre souffle de fraîcheur. Au bureau et à la maison, c’est le royaume des ventilateurs. Royaume des « fan ». On marche pied nu sur le parquet. Au bureau, on peut aussi. Montréal, royaume des pieds nus et des « pégueux », des moites et des collants. Tout le monde « brille » l’été sous sa chemise ou chemisier auréolée. Les orages ne sont pas en reste et sont de plus en plus violents. Tu te fais doucher comme il faut au passage d’un orage hargneux, au milieu d'une symphonie d'éclairs claquants. Ce qui n’est pas forcément désagréable, car c'est la descente en température. Mais l'écosystème urbain devient élément liquide, royaume des rivières subites de trottoirs, des geysers d'aqueduc en détresse, des passants et passantes lavés. Il peut en avoir du souffle l'orage. Les arbres ne l’aiment pas. Certaines autos non plus. Souffle le vent, comme il veut, souffle qui peut.


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