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mercredi 14 novembre 2012

Insouciance collective

Et si mettait à l’amende toutes les personnes qui n’exercent pas leur droit de vote et versait cet argent pour financer les élections ?

Je provoque la question comme cela puisqu’au final, toutes ces personnes qui ne se sont pas prévalues de leur droit et responsabilité fondamentale de citoyen contribuent au système corrompu.Le cynisme et l’indifférence de la population face à la chose publique a provoqué des hausses de tarifs, de la corruption, gangrenés notre démocratie. Plutôt que de laisser financer ce désabusement par des intérêts financiers, pourquoi ne pas taxer le désintérêt ? Il vous en coûtera 3% de votre salaire annuel pour un vote manqué ! Et vlan ! l’indifférence démocratique a un prix collectif. Chez certains, inutile de tenter de semer des graines du bon sens. De la même trempe qui craignent les contraventions plus que la mort d’autrui lorsqu’ils roulent 70 km/h en zone résidentielle, ces gens là ne méritent plus d’explication. La contrainte financière devient le seul remède à leur bêtise.

À notre époque, le printemps arabe est l’illustration virulente du fossé qu’une société doit combler lorsque son indifférence extrême la relègue au statut d’opprimé. Ceux qui préfèrent leur confort à la démocratie ne méritent ni l’un ni l’autre. Aux chaînes ! celles de l’asservissement par le travail plutôt que l’élévation par la conscience. Lorsqu’un peuple courbé sous de pesantes chaînes hésite à les briser avec ses propres mains, il peut changer facilement de tyrannie, mais ne pourra jamais gagner sa liberté.

À l’automne, les étudiants ont décidé de manifester contre l’indifférence et de briser leurs liens. Tarifer la connaissance, confiner certaines classes sociales à l’ignorance : la jeunesse des années 2000 a refusé de porter le poids individuel et collectif du silence. Le refus de payer pour apprendre ici se comprend. Accepter de payer pour mieux baigner dans le confort de l’indifférence et l’épaisse noirceur collective qui envahissaient le Québec complaisant des neuf dernières années nous aurait précipité dans un gouffre démocratique sans fond. Je tiens à les remercier, pour nous. Et si ma devise est « Je me souviens » c’est qu’elle invite au devoir de mémoire de toutes les générations et de moments charnières comme ceux-là… Me souvenir assez longtemps de cette époque pour soutenir ma fille si un jour, elle doit à son tour, porter le carré rouge.


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