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jeudi 25 octobre 2012

Train-train quotidien

J'ai toujours aimé ces grosses machines. Depuis gamin de campagne, jusqu'à aujourd'hui, quadragénaire urbain. Métalliques, imposantes et bruyantes, ce sont de formidables engins voyageurs. Lorsque vous vous trouvez à proximité, vous sentez leur masse, même immobile. Lorsqu'elles roulent près de vous, c'est le sol qui vibre fort. Très fort même. Et la sensation est bien sûr très différente selon que c'est un TGV européen ou un énorme train de marchandises nord américain comme celui-ci. Ici, les trains sont assez lents, quelque soit ce qu'ils transportent. Des gens ou des matières premières. On dirait qu'ils ont décidé de dire non à la frénésie de vitesse du reste de la  société. Ce train là, vu au Vieux Port de Montréal se dirigeait vers les grands silos. À sa vue, mon âme d'enfant a repris le dessus. J'enviais le machiniste, cet heureux veinard qui peut jouer à sa guise avec sa grosse loco. On parle ici de locomotives ES44AC et des Dash 8-40C de GE Transportation (ce dernier modèle correspond à celui de la photo je pense) et autres locomotives SD70ACe d'Electro-Motive Diesel. Des gros numéros pour des gros-gros moteurs. Ces gros "pachydermes" diesels qui passent leur vie à tracter des convois parfois immenses, sont les vrais maîtres des rails en Amérique du Nord. Le Québec n'échappe pas à leur emprise. Ici, les trains de marchandises sont bien prioritaires sur ceux des passagers. Les lignes n'appartiennent pas (plus) à l'État qui les a vendu depuis belles lurettes aux compagnies ferroviaires privées. Si la première ligne qui a été inaugurée le 21 juillet 1836 (le Champlain et Saint-Lawrence railroad reliait La Prairie sur les berges du Saint-Laurent à Saint-Jean sur Richelieu), a été financée par des marchands de Montréal dont un certain John Molson, le vrai essor du chemin de fer est venue en 1867 avec la construction de la ligne transcontinentale, financée quant à elle par l'État fédéral. Les trains de marchandises ont encore de beaux jours devant eux, dans leur train-train quotidien. Je me prends à rêver à un Québec qui nationaliserait ces lignes et les électrifierait. Au pays de l'hydro-électricité, le transport en commun irait...bon train.


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