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dimanche 14 octobre 2012

Toi, le mastodonte

Sacrée silhouette que ce géant de béton. On aura beau dire, on aura beau lui prêter une histoire lourde, aussi lourde que lui, lourde de travaux qui n'en finissent pas de ne pas finir (la toiture est toujours à refaire, 40 ans plus tard), lourde de magouilles (déjà à cette époque), lourde de préjugés et de désintérêts des québécois eux mêmes qui, pour la plupart ne l'aiment pas beaucoup. Certains le désignent comme étant un grand cendrier. Sans parler des touristes qui y voient un plongeoir magnifique.

T'es lourd mon stade, mais moi, je t'aime bien.

Il me semble que tu es racé. Des lignes et des courbes. Tu vieillis bien malgré qu'on te laisse seul souvent. Tu restes là. Ta masse en impose. Définitivement. Ta soucoupe occupe l'espace. Ton mât bien penché, se voit de loin. À commencer depuis ma fenêtre, qui elle, est toute proche. Tu es souvent d'ailleurs la première chose que je vois en ouvrant les yeux le matin. Avec tes lumières dans la brume. Masse fantomatique qui veille depuis 40 ans, nostalgique de sa foule, ses athlètes et de ses médailles.

J'ai l'impression que tu les regrettes un peu ces jeux non ? Tu n'étais même pas tout à fait fini quand ils ont eu lieu. Un peu comme un maître de cérémonie qui arrive, pas fini de s'habiller, à une soirée grandiose dont il est le principal acteur et qui fini de mettre son chapeau et sa redingote de soirée au moment où tout le monde est déjà parti. Planté là dans la salle vide, la grosse facture du tailleur à la main. Console toi, cela ne t'a pas empêché de briller de mille feux, ceux des Olympiques de 76.

Depuis peu, cet été 2012 exactement, tu te ranimes un peu. Ton esplanade revit. Il y a de nouveau des bruits, de la foule. Du brouhaha en tout genre même. Parfois assourdissant pour le quartier qui a bien changé et qui n'était plus habitué. Tes gestionnaires sont sortis de leur torpeur. Tu t'agites. Il était temps. Il y a même un autre stade tout neuf à côté de toi, moins extravagant il est vrai. Un stade de foot. Celui de l'Impact de Montréal. Te voici moins seul. Tiens, vous allez pouvoir jaser ensemble d'histoires de gradins.

Toi, le mastodonte.


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